10 Avril 2005 : Suite et digressions autour de « Sommes-nous des enfants de l’Amour ? »

10 Avril 2005 : Suite et digressions autour de « Sommes-nous des enfants de l’Amour ? »

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10 Avril 2005 : Suite et digressions autour de « Sommes-nous des enfants de l’Amour ? »



De : Jean-Jacques Delorme [mailto:coeurssansfrontieres_dh(at)yahoo.fr]
Envoyé : lundi 5 mars 2012 09:04
À : jean-jacques delorme
Objet :

Bonjour,

Nous sommes un certain nombre d’enfants de la guerre à avoir envie de nous retrouver. Cette « rencontre amicale » aura lieu les 14 et 15 avril chez Franck à Strasbourg. Cette réunion n’a pas de cadre particulier. Elle n’a pas d’ordre du jour. Nous la commencerons le samedi à 10 heures 00 précises. Il n’y aura pas de temps de parole et chacun pourra s’exprimer librement.
Le dimanche sera culturel et festif dans les rues de Strasbourg ville magnifique à découvrir pour ceux qui ne connaissent pas !

Merci de me faire parvenir vos réservations que je transmettrai ensuite à Franck. Pour que votre réservation soit validée je vous demanderais de me faire parvenir un chèque de 50% du montant total de votre réservation à l’ordre de : « Comfort Hôtel Strasbourg ». je vous remettrai vos chèques à votre arrivée.

Je serai à l’hôtel le vendredi 13 avril.

Bien amicalement.

Jean-Jacques DELORME-HOFFMANN
Prix de l’amitié franco-allemande 2011
48, promenade maréchal Leclerc
F-06500 MENTON
Tél :

De : edouin [mailto:4x4edouin(at)wanadoo.fr]
Envoyé : lundi 5 mars 2012 09:57
À : ‘Jean-Jacques Delorme’; ‘michelblanc64@wanadoo.fr’; coeurssansfrontieres-lequentrec(at)laposte.net
Objet : RE:

Bonjour Jean-Jacques.

Les rencontres que tu organisais au Memorial de Caen étaient passionnantes à cause des intervenants (historiens, journaliste, sociologues etc., etc.)très majoritairement non enfants de la guerre, mais néanmoins qui traitaient de sujets périphériques à nos vécus.
Ton programme de Strasbourg n’en faisant pas mention, je ne te cache pas que faire 1300 km aller-retour pour entendre (je te cite) : « chacun pourra s’exprimer librement » vraisemblablement sur son parcours personnel et ses états d’âmes*, ne m’enthousiasme pas beaucoup !
Même le plaisir de se revoir, pourtant très vif, ne compenserai pas !
Conclusion : s’enrichir l’esprit grâce à des intervenants extérieurs oui, glisser vers une caricature de « tamalou larmoyant », non .
Amitiés.
Carl

           * Comme me l’a fait subir involontairement  Michel Blanc à cause de l’un des nôtres lors de la rencontre de Villers sur Mer cet été.

 

            Bonjour Carl

Cette rencontre n’a pas pas comme objectif de reproduire le Mémorial. Si c’était le cas cela se déroulerait au Mémorial. Son objectif est de réunir à leurs demandes des amis sincères et enfants de la guerre pour analyser, comprendre et réfléchir. Si tu savais depuis début 2006 combien de fois des enfants de la guerre  m’ont : " nous voudrions parler, dire des choses." Au Mémorial ce n’était pas possible donc là je vais leur donner la parole et nous verrons ce qu’il en sort.

En ce qui te concerne ta situation est différente. Tu n’as pas connu notre enfance nos traumas. Tu as toujours eu une enfance heureuse. C’est pour ça que tu te situes ailleurs !

Bien à toi.

  • Jean-Jacques DELORME-HOFFMANN
    Prix de l’amitié franco-allemande 2011
    48, promenade maréchal Leclerc
    F-06500 MENTON
    Tél : 06 85 39 15 45

            De : edouin [mailto:4x4edouin(at)wanadoo.fr]
            Envoyé : lundi 5 mars 2012 11:19
            À : ‘Jean-Jacques Delorme’
            Objet : RE:

Re-bonjour Jean-Jacques.

Tu as vraisemblablement raison.
Mais ne crois-tu pas que c’est risquer d’inciter à une « sous estimation » de soi celui qui s’illusionne sur les bienfaits d’un transfert verbal de ses souffrances, alors que le fait même d’avoir « duré »  70/80 ans malgré ses origines, devrait lui prouver ses capacités (à condition qu’ il soit objectivement encore en  « bon état » bien évidement ! ) ?
Pardonne ces digressions de psy de comptoir, mais à ma décharge, sache que feu ma très regrettée Mère a toujours répétée qu’il fallait  soigner ses « bobos » par un rude mépris.
Et Jean d’Ormaisson ne vient-il pas d’écrire !  « il n’est pas convenable d’en parler » 
Bon courage et amitiés.
Carl

P.S. : je te cite : " nous voudrions parler, dire des choses."
Sans en sourire car je respecte infiniment ces souffrances, je suis tenté d’écrire :  « c’est bien ce que je craignais » !

 

            De : Roland Gardin [mailto:utimatic(at)wanadoo.fr]
            Envoyé : lundi 5 mars 2012 12:51
            À : edouin
            Objet : Re: enfants de la guerre

Etonnant cette conversation !
Je ne vois pas en quoi cette personne ait un vécu si différent du tien, pour se permettre un jugement – " En ce qui te concerne ta situation est différente. Tu n’as pas connu notre enfance nos traumas. Tu as toujours eu une enfance heureuse. C’est pour ça que tu te situes ailleurs ! " – qui sonne en forme d’exclusion ou de catégorisation. Sans doute la grosse tête  lui est venu à la suite de l’obtention du prix de l’amitié franco-allemande. Enfin je pense que dans le contexte actuel il doit être heureux d’avoir obtenu la nationalité d’un peuple montré en exemple. Qu’attends tu pour en faire autant et quitter ce territoire incohérent ? moi je n’ai pas cette opportunité.
A+
Roland

 

Le 5 mars 2012 à 11:19, edouin a écrit     

Bonjour Roland.

Je ne puis en vouloir à mon ami  Jean-Jacques, car il est vraisemblable que du fait même de leur origine,  tous les « enfants  de la guerre » en ont plus ou moins « un petit coup », moi y compris bien évidement.

Mais parfois, et je pense que c’est son cas depuis quelque temps, un ou des évènements agissent comme des catalyseurs au point de « turboter » (provisoirement ?) les conséquences du « petit coup » évoqué plus haut !

  • En ce qui concerne ma double nationalité possible, j’y ai longuement réfléchi,  y réfléchi encore  mais pense ne pas la demander.
  • Mais vois-tu, tout en étant parfaitement conscient de la supériorité de nos frères allemands dans beaucoup de domaines, tant techniques/économiques  que littéraire/musique, je me sens (et pire !), agis en franchouillard indécrottable .
  • Même si notre code du travail débile m’a mis un genou à terre à trois reprises par l’intermédiaire des tribunaux prudhommaux, même si beaucoup de nos « élites » politiques, intellectuelles, économiques nous entrainent  inexorablement dans la décadence, je me cramponne au royaume de France .
  • Pour une simple raison : je ne voudrai pas me considérer « déserteur » le jour où un sursaut venant des tréfonds de notre culture, aura besoin de toutes les bonnes volontés .
  • Pour me conforter dans cette attitude, j’ai entendu cela  à contre-courant de la glorification  d’une immigration incontrôlée et incontrôlable par les « beaux esprits » médiatiques de service,:
  • Il y a quelques mois, France-Inter a délocalisé au Maroc l’émission de Philippe Bertrand « Carnet de campagnes » (tous les jours sauf w.e. à 12h30) .
  • Elle consiste à donner la parole aux « gens d’en bas », acteurs de la vrai vie (responsables d’associations locales tant économiques que culturelles, producteurs bio, créateurs d’emplois etc., etc.) :
  • Philippe Bertrand : « Les bouleversements du  Printemps arabe ne vous confortent-elles pas un peu plus de vous expatrier afin de réaliser votre projet ? »
  • Le marocain : « Non, au contraire, même avec la certitude d’avoir maintenant beaucoup plus de difficulté, je suis convaincu de l’obligation d’un fraternel  serrage de coude en restant ici » !

Belle leçon !
Amitiés.
Carl

            De : Roland Gardin [mailto:utimatic(at)wanadoo.fr]
            Envoyé : mardi 6 mars 2012 18:08
            À : edouin
            Objet : Re: enfants de la guerre   

    Cher Carl,

  • Ce n’était pas une critique ni une incitation à désertion mais un sujet de réflexion quand on se retourne sur son propre passé.
  • En effet si je suis né d’une famille on ne peut plus française et qu’elle soit resté unifiée malgré les aléas de la vie, de plus étant né après la bataille, et vu mon âge n’ayant pas non plus participé à la dernière intervention des soldats mobilisés, arrachés à leur avenir et à leur famille, je n’en suis pas moins sensible par le traumatisme rendu visible par ces associations qui ne cessent de pleurer leur enfance. Je me pose souvent la question du pourquoi de ces rassemblements soixante ans après ?    
  • Le sujet étant tellement sensible et individuel que pour le moindre relâchement la discrimination apparaît : "En ce qui te concerne ect…" Si l’enfant s’adapte aux réalités de l’instant, l’esprit lui, avec les années nous pousse à comprendre et dans ce cas, provoque une énergie à déplacer les montagnes pour retrouver ou rechercher ses racines. Notre existence est elle le fruit de l’amour ou de l’abus et de la trahison ?    
  • Le regard des autres surtout durant la période de scolarité est sans pitié. Si vous avez été traité de fils de boche ou plus, moi j’étais vilipendé comme fils de voleur, étant un enfant de commerçant, mes camarades de classe me présentaient mon père comme un sale patron, exploiteur de la classe ouvrière (il n’avait qu’un employé et plus tard un ou deus apprentis… Il reçu plus tard la médaille de la formation professionnelle par la chambre des métiers ?? Tous eurent leur diplôme et trouvèrent un emploi dans la photographies).         
  • Malgré la proximité familiale j’ai aussi gardé en moi les injustes accusations, elles me hantent encore dans ces temps de souvenirs et de comparaisons que nous faisons tous les jours devant la gabegie actuelle. J’en suis au point de dire que je suis heureux que mes parents ne soient plus de ce monde pour voir ce qui arrive. Les enfants de commerçants ou d’entreprises artisanales, n’ont à ce que je sache, créé d’association pour commémorer leur sacrifice, victime de la bêtise humaine.    
  • Ce monde silencieux est souvent l’initiateur de proximité de progrès et de convivialité dans le sens le plus humain du terme.Il laisse les rancœurs de côté et pousse vers la justice et l’entente de leurs enfants qui doivent être tournés vers l’avenir. Si l’histoire de la famille ne doit pas être cachée et peut être racontée par un témoignage direct, le devoir de mémoire du citoyen lui, est tributaire de la manière politique de voir les choses et de sa diffusion pédagogique, le statut ethnique ou social à vite fait de provoquer les scissions.    
  • Quelle est la valeur d’une patrie si ce n’est la terre qui nous a vue grandir. On aurait pu naître partout ailleurs où nos souvenirs d’enfance auraient été complètement différents et notre position sociale ou notre confort bien moins favorable au modernisme. Aurions nous été pour cela moins ou plus heureux ? La vidéo ci dessous tournée en 1976 par l’équipe de l’explorateur Jean Pierre Dutilleaux illuste un peu mon propos. L’équipe entra en contact avec un peuple de Papouasie, Nouvelle-Guinée, qui n’avait jamais été en contact avec le monde extérieur, ni avec des humains à la peau blanche. La caméra a immortalisé les réactions apeurées mêlées de curiosité, leurs expression résume assez ce que nous avons perdu pour un superficiel dont il nous semble impossible de se séparer.
  • http://www.videoman.gr/7402
    A+
    Roland

     

        De : edouin [mailto:4x4edouin(at)wanadoo.fr]
        Envoyé : mardi 6 mars 2012 19:24
        À : ‘Roland Gardin’
        Objet : TR: enfants de la guerre

    « Notre existence est-elle le fruit de l’amour ou de l’abus et de la trahison ? »

    Bonsoir Roland.

    Merci pour ton intéressant développement.
    Tu as mis le doigt sur La question que la quasi-totalité des « enfants de la guerre » se pose !

    C’est pourquoi j’ai tenté de les convaincre que seul l’Amour avait pu vaincre les obstacles . (lisible dans www.4x4edouin.com, rubrique « pêle-mêle » à la date du 10 avril 2005 sous le titre « Sommes-nous des enfants de l’Amour » ).

    Très intéressant le reportage sur la réaction des Papous.
    En fait, pas de différence fondamentale avec nous face à la société de consommation  pendant les « trente glorieuses » !
    Amitiés.
    Carl

     

     

     

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